mardi 21 mars 2017

Oenologie : mono- ou assemblage ? Je cépage …

Même proche culturellement et géographiquement, le vignoble français n’est pas toujours simple à appréhender pour l’amateur de vins belge.  Entre nouveauté et tradition, le cœur ... ou le palais balance au gré de l’orthodoxie des uns ou de l’audace des autres.
Dans ce contexte, le débat mono-cépage versus assemblage semble s’emballer ces dernier temps.
Le mono-cépage c’est simple : c’est un seul type de raisins sur un territoire ou une région donnée.  L’exemple (presque) parfait :  la Bourgogne avec son chardonnay pour le vin blanc et le pinot noir pour le vin rouge.
Quant à l’assemblage, c’est simple … dans la définition mais plus complexe dans la pratique : il s’agit d’un mélange de vins plus ou moins harmonieux issus de diverses parcelles, de divers cépages ou de diverses années, pour former un vin équilibré.  Les exemples les plus connus  ? Le Châteauneuf-du-Pape qui peut contenir jusqu’à 13  (!) cépages différents dans la même bouteille. Ou le champagne qui est régulièrement un savant exercice d’équilibre entre les trois cépages autorisés en Champagne (le pinot blanc, le pinot auxerrois et le chardonnay).  L’art du vigneron indépendant ou du maître de chais dans les grandes maisons consiste alors à maîtriser ses récoltes afin de réaliser l’assemblage le plus subtil.
Un autre exemple ?  le languedoc rouge qui est souvent le résultat d’un ‘gsm’. Rien à voir ici avec votre smartphone préféré mais plutôt l’assemblage de grenache, de syrah et de mourvèdre.
Vous suivez toujours ?
Non ? ce n’est pas grave car tout est en train  de changer  !  C’est ainsi que le gamay, cépage typique du beaujolais ‘frais et gouleyant’, commence à être toléré en Bourgogne, notamment en Côtes Chalonnaises.
Quant à l’Alsace, connue jusqu’ici pour sa tradition de mono-cépage (le sylvaner, le riesling, le pinot blanc, le muscat, le pinot gris, le gewurstraminer et le pinot noir),  elle a trouvé dans le marketing contemporain des ressources inespérées :  l’appellation edelzwicker ou gentil , jadis gros blanc sans âme résultant d’un mélange de surplus de vignes moins nobles, disparaît souvent de la carte des vins au profit d’appellations commerciales plus sexy genre ‘La cuvée du veilleur de nuit’ à Turckheim ou la cuvée ‘Black tie’ à Pfaffenheim.   Le spécialiste hurle à l’hérésie quand le consommateur lamba trouve dans un assemblage de riesling et de pinot gris dans la même bouteille le compromis supposé idéal au moment du choix au restaurant entre vin sec et un vin plus rond. Alors mono-cépage ou assemblage ? A vous de juger …
 andre.michotte@skynet.be  - 15 mars 2017

mardi 14 mars 2017

“L’Open space m’a tuer” (sic) – d’Alexandre des Isnards & Thomas Zuber


Vous êtes un(e) jeune cadre ambitieux actif dans une entreprise high tech ? Vous ne pouvez pas vivre plus de 2 h sans smartphone ni sans laptop ? Précipitez-vous sur ce bouquin : il est écrit pour vous ! 
Vous êtes assistant(e) de direction tout juste sorti(e) d’une grande école et plein(e) d'enthousiasme ?  Vous allez déchanter. Ou peut-être êtes-vous le patron, génial bien sûr, d’une agence de pub’ ? Vous saurez enfin ce que vos employés ‘si dévoués et si souriants’ colportent comme ragots dès que vous avez le dos tourné.
Au travers d’anecdotes puisées dans le monde des affaires, les auteurs nous montrent la face cachée de ces entreprises modernes et dynamiquesl’open space (1) règne en maître : plus question de discrétion ou d’intimité dans un bureau fermé. Désormais, tout se voit, se sait, se dit et s’épie. Les employés s’observent jalousement en attendant la faute, le burn out ou le C4 d’un collègue pour espérer prendre sa place ou lorgner une promotion.
Finis les temps libres ou les weekends salvateurs : le cadre est désormais taillable et corvéable 24 h/24 dans une société où tous les coups sont permis, surtout les plus tordus. Seul refuge : la machine à café qui sert parfois de défouloir. Mais, ici aussi, méfiance, les murs ont des oreilles…
Le pire c’est que rien n’est exagéré. En commençant par ce franglais devenu la norme dans toute entreprise branchée : ‘Guys, il  faut poursuivre le cost cutting pour atteindre l’ebitda’ ou bien ‘Marc, tu dois mieux customiser ton power point en fonction de nos targets’ Vous en voulez encore ? No problem : ‘Si le trend se poursuit, on va manquer de cash flow’…      
Quant à votre chef, pardon votre N+1 ou, mieux votre coach, si compréhensif et que tout le monde tutoie en meeting ou en team building, il n’hésitera pas une seule seconde à vous virer comme un malpropre si votre mid-year review n’est pas successful ou si sa carrière est en jeu.
C’est bien écrit et bien documenté – ça sent le vécu – c’est souvent drôle mais aussi terriblement cynique. C’est mieux (ou plutôt pire) qu’au cinéma : toute coïncidence avec des situations ou des entreprises ayant existé ne serait pas ici pure coïncidence…

(1)   en français et si nécessaire : l’open space est un bureau paysager sans cloison entre employés


andre.michotte@skynet.be – 15 mars 2017

mardi 7 mars 2017

“La succession” - Jean-Paul Dubois



Vous connaissez la cesta punta ou le jai alai ? Un indice : c’est le sport pratiqué par les pelotari. Ça ne vous dit toujours rien ? En langage plus courant, c’est le monde de la pelote basque, cet ancêtre du squash en plein air qui, loin de se limiter à quelques joutes d’amateurs dans le sud-ouest de la France, compte plusieurs dizaines de joueurs professionnels aux USA et en Argentine.
Rassurez-vous, ce roman n’a rien d’un compte-rendu sportif, la pelote basque sert juste de cadre, plutôt original, dans lequel évolue notre héros, Paul Katrakilis, petit-fils de Spyridon Katrakilis, ancien médecin de Staline, qui s’est suicidé quelques années plus tôt.          
Paul, médecin de formation, comme exigé par son père, lui-même médecin, n’a pourtant jamais exercé l’art de guérir. Ses études sitôt terminées - et le contrat rempli avec son père - il a fui la France et sa famille pour assouvir sa passion, la pelote basque qu’il pratique désormais comme joueur professionnel, plutôt brillamment d’ailleurs, sur les frontons de Floride. Tout est idyllique pour Paul jusqu’au jour où un courrier venu de France l’informe que son père, Adrian, vient de se donner la mort, à son tour, à Toulouse …
La vie de Paul bascule alors brutalement. Las des aller et retour entre la Floride et la France pour gérer les affaires familiales, Paul finira par rouvrir le cabinet médical familial, moins par passion que par nécessité, il est vrai. Dans ce cabinet dans lequel il ne se reconnaît guère, Paul va progressivement se rapprocher de son père et découvrir les secrets de celui-ci. Mais dans sa quête à retrouver celui dont il ne s’est jamais senti proche, Paul finira par s’oublier lui-même, rien désormais n’étant plus comme avant ...
A travers notre héros, Jean-Paul Dubois nous conte ce roman intimiste et nostalgique et relate la blessure d’un fils qui tente, souvent en vain, d’enfin percer les secrets d’un père mystérieux et absent.

andre.michotte@skynet.be – 6 mars 2017


jeudi 2 mars 2017

“Oui, c’était mieux avant” – Alain Paucard


Quelque peu intrigué par le titre de cet ouvrage, je l’ai dévoré en 2 heures à peine (une bonne centaine de pages seulement, il est vrai).
La plume est alerte et le style vif. On devine l’homme mûr et l’écrivain érudit derrière ce pamphlet des temps modernes. Fidèle au titre, les premières pages sont savoureuses, baignant dans l’ambiance nostalgique de nos vacances d'antan, à la campagne sans TV ni radio. Ni smartphone ni internet, bien sûr ! Pour peu, il ne manque que les madeleines de Proust pour retomber en enfance l’espace de quelques pages.
Certaines descriptions sont savoureuses - on sent le vécu - comme cette aventure dans une rame de métro silencieuse où les voyageurs, s’ignorant mutuellement, ont tous les yeux rivés sur leurs smartphones ou les écouteurs sur les oreilles. Ou les deux …
Mais qui trop embrasse mal étreint : à la longue, ce réquisitoire 100 % à charge et sans nuances devient progressivement un peu lassant. Aucune avancée de la civilisation contemporaine ne trouve grâce aux yeux de Paucard. Même la croix de Lorraine en l’honneur du Général de Gaulle passe à la moulinette, jugée … trop haute aux yeux de l’auteur ! Au fil des pages, Paucard finit par tomber dans une critique stérile systématique très parisienne de notre monde et de ses dérives au point de tomber dans la caricature.
Au final, un bon moment malgré tout, même si on aurait préféré un peu plus d’objectivité dans une critique tellement excessive de notre monde qu’elle en devient suspecte.

André-Pierre Michotte – 1 mars 2017 (andre.michotte@skynet.be)

Si vous aussi, comme notre lecteur, vous désirez publier une critique ou autre, rien de plus simple ! Envoyez-nous un mail à brand.whitlock@brunette.brucity.be et nous nous chargerons de la publication!


mardi 28 février 2017

Acqua Alta : la plus belle librairie au monde, à Venise
On dit d’elle que c’est la plus belle librairie du monde. Et ça semble plutôt mérité. Située à Venise, elle a été pensée dans l’esprit et le charisme de la ville. Les (nombreux) livres y sont « rangés » dans des gondoles ou des baignoires. Au milieu de divers bibelots, d’objets insolites (et de chats), le livre s’y pare d’une toute nouvelle aura.



















La librairie Acqua Alta et sa vue sur le canal


Ce n’est pas très bien rangé. Du moins en apparence, et c’est bien volontaire. Si le libraire, Luigi Frizzo, saura vous guider vers ce que vous recherchez, vous pouvez aussi y venir pour le plaisir de vous perdre au milieu des livres. On y vient pour découvrir, et donc aussi pour chercher, fouiner, et se laisser surprendre.

Le propriétaire des lieux, en plus de dix ans, a eu le temps d’accumuler, d’agencer, de construire. Les vieilles encyclopédies ne se vendent pas ? Il les transforme en escalier. On le gravit avec une sorte de respect. On déniche les livres au milieu d’un joyeux bordel de curiosités, des chapeaux vénitiens, des mannequins, des barres de navire...

Le livre y devient un trésor à découvrir au milieu du reste. On ne sait pas forcément ce qu’on veut acheter en venant. On vient surtout parce qu’on nous a conseillé l’endroit. On pourra y feuilleter un livre assis sur le fauteuil, au fond de la boutique avec la porte ouverte et la vue sur le canal.

Alors on en profite, et il sera difficile de ne pas vouloir repartir avec un livre tiré de cette caverne d’Ali-Baba sous le bras. C’est aussi une façon de faire revivre ces vieux livres d’occasion, bien sûr. Mais le fond comporte aussi des nouveautés (60 %).

Car non, le succès du lieu n’est pas dû qu’à son décor. On se retrouve face à la sélection de livres d’un vrai passionné. On y entre dans une première salle dédiée principalement à la documentation sur la ville de Venise. Une autre pièce est consacrée aux best-sellers, une autre encore aux livres érotiques... Le lieu attire aussi bien les touristes que les locaux. 















































































Libreria « Acqua-Alta »
Calle Longa S.M. Formosa 5176
Castello
30122 VENEZZIA



Source :

https://www.actualitte.com/article/reportages/acqua-alta-la-plus-belle-librairie-au-monde-a-venise/61747